L’ennui : comprendre les mécanismes et tirer profit des bienfaits de cette émotion indispensable

Apporter une meilleure compréhension des conséquences de l’ennui permet de comprendre les réactions de notre cerveau face à cette émotion et les conséquences sur notre engagement au travail. Au-delà de l’ennui subi, nous avons tendance à confondre les moments d’inactivité et ennui. Pourtant ces moments d’inactivité sont importants pour notre bien-être et notre construction psychique.
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Ne pas confondre ennui et inactivité

Lors d’une réunion qui dure, nous avons tendance à bailler. Il s’agit des premiers signes de l’ennui. Nous parlons d’ennui subi, cette émotion que nous ressentons face à cette impuissance de ne pouvoir agir pour ne plus ressentir ce vide. Cet ennui est imposé par une cause externe.

A l’inverse nous parlons d’inactivité durant ces « moments off » où nous ne sommes pas spécifiquement concentrés sur une tâche spécifique (attendre dans une salle d’embarquement par exemple). Ces moments que nous avons tendance à considérer comme de l’ennui car nous n’avons plus l’habitude de « déconnecter ». Nous verrons comment nous pouvons tirer profit de ces moments pour prendre le temps de l’introspection et ainsi développer notre connaissance de nous-même, notre créativité et prendre du recul sur nos prises de décision.

Le cerveau n’aime pas l’ennui

Notre cerveau n’est pas conçu pour s’ennuyer, s’il s’arrête de fonctionner c’est le signe d’une mort cérébrale. Notre cerveau n’est jamais à l’arrêt, même quand nous dormons il travaille, il classe les dernières informations reçues, il fabrique des rêves. Ne sachant pas déconnecter, dès qu’il s’agit de ralentir drastiquement, notre cerveau panique c’est pour cela que l’ennui nous est si désagréable. C’est d’ailleurs pour cela que nous ne sommes pas vraiment faits pour regarder la télévision pendant des heures ou rester à bronzer au soleil. Une activité qui nous demande peu de concentration sera rapidement considérée comme ennuyeuse. Face au manque de stimuli, nous sommes facilement sujets aux pensées négatives ou aux ruminations.

Appréhender les mécanismes qui font que notre cerveau a une grande aversion pour l’ennui permet de comprendre pourquoi il est important de proposer aux collaborateurs des projets, des responsabilités où chacun trouve un plaisir à travailler et éviter au maximum d’être trop confronté à l’ennui.  

Les effets néfastes de l’ennui

L’ennui nous endort

Lorsque nous nous ennuyons, nous avons tendance à nous endormir. Des chercheurs ont découvert que les neurones dotés de récepteurs à l’adénosine sont responsables de l’endormissement ou non d’une personne. Ils ont réalisé différents tests sur des souris en créant des environnements ennuyeux et d’autres stimulants.

Ils ont pu observer que les environnements stimulants inhibaient l’activité des neurones récepteurs à l’adénosine, ce qui coupe la sensation de fatigue. Alors que les environnements ennuyeux stimulaient les neurones dotés de récepteurs à l’adénosine, ce qui favorise l’endormissement.

Ils ont également observé que le temps de sommeil était plus long pour les souris placées dans un environnement ennuyeux.

Les situations ennuyeuses ont tendance à nous endormir. Face à l’ennui nous avons également tendance à penser à des sujets négatifs, nous ruminons sur le passé, nous angoissons pour le futur. Il devient difficile d’être centré sur le moment présent. Plus que nos réussites, nous voyons les problèmes non résolus, nos échecs, nos peurs et nos prochaines épreuves. Quand il s’agit du futur, par instinct de survie notre cerveau imagine toujours le pire scénario pour se préparer aux difficultés.

L’ennui nous rend contre-productif

Dans une société qui valorise principalement “l’immédiateté” et la production matérielle, ralentir, s’arrêter, s’ennuyer est toujours vu d’un regard suspicieux. Il n’est pas envisageable que ces moments où l’on ne fait rien de particulier puissent être importants pour notre équilibre. Cette peur que tout s’arrête nous mène parfois vers l’urgence. Ce sentiment qui nous permet de ne plus nous arrêter en traitant toujours plus de sujets urgents. Ce qui peut nous empêcher d’atteindre nos objectifs importants. L’ennui est également source d’erreur car le cerveau est beaucoup moins alerte dans ces moments-là.

Malheureusement notre vie professionnelle est parfois construite autour de principes qui peuvent favoriser l’ennui. Des processus trop encadrés, des tâches trop prévisibles, standardisées, amènent une monotonie qui favorise l’ennui. Favoriser la productivité ne doit pas se faire au détriment du plaisir ni ajouter de l’ennui. Eviter l’ennui en entreprise c’est accepter de ne pas enfermer les collaborateurs dans des processus standardisés où la place à l’initiative ou à l’imprévu a disparu.

Ennui et mauvaise humeur

Des études ont montré que l’ennui est associé à la mauvaise humeur. Une étude américaine a étudié l’humeur de 2200 participants tout au long de leur journée en fonction de leurs activités et leurs rêveries associées. Cette étude nous montre que nous consacrons plus de 50% de notre temps à des pensées qui ne sont pas en rapport avec notre activité du moment. Nous passerions notre temps à nous évader. L’étude montre également que les rêveries dégradent notre humeur générale.

Notre cerveau passe une grande partie de son temps à ressasser le passé et à penser au futur. Ce processus est normal, c’est grâce à lui que nous pouvons analyser nos erreurs passées et envisager le futur. Malheureusement pour ne pas s’ennuyer il est important que notre vie ne soit pas entièrement paramétrée.

Les tâches monotones comme source d’ennui

Les chercheurs se sont rendus compte que pour notre cerveau, une tâche monotone est une tâche ennuyeuse. Les tâches monotones et répétitives sont les activités les plus ennuyeuses, avec le fait d’attendre isolé de toute occupation pour notre cerveau.

Lors d’une expérience le chercheur Thomas Wilson a demandé à des individus d’attendre dans une pièce durant 15 minutes. La seule distraction possible pour les participants durant ce temps était de s’administrer de légères décharges électriques avec deux électrodes posées sur la table. Une majorité de participants a préféré « jouer » avec les électrodes et risquer de recevoir une décharge électrique, plutôt que d’attendre inactifs.

C’est d’ailleurs quand on s’ennuie que nous cherchons des distractions et des récompenses pour ne pas infliger à notre cerveau ce moment désagréable. C’est l’une des raisons pour laquelle nous voyons autant de collaborateurs sur leur téléphone lors de réunions. Cet ennui est d’autant plus difficile à vivre que l’individu n’a pas de moyen d’agir sur les facteurs responsables de cet ennui.

Toute forme de monotonie sera source d’ennui. Bien évidemment il est difficile d’entièrement supprimer toutes les sources de monotonie. Mais dans la mesure du possible on limitera les tâches monotones et les process. Cela passera par un développement constant des compétences des collaborateurs.

A tous les niveaux, une tâche, dès qu’elle est parfaitement maitrisée peut devenir répétitive. A cet instant il faut pouvoir progresser pour ne pas tomber dans l’ennui.

Un médecin qui réalise des opérations difficiles trouvera une grande excitation à réaliser de telles opérations grâce à la concentration que cela demande. Mais après avoir réalisé des centaines de fois la même opération c’est de façon quasi mécanique qu’il réalisera ses prochaines opérations. Dans ce cas, sa concentration et son attention dédiée à la tâche ne sera plus suffisamment importante, et la monotonie s’installera. Ce sera alors le moment de trouver de nouveaux défis.

L’ennui est finalement une des causes qui nous pousse à dépasser nos limites, créer, innover pour éviter de stagner. A l’époque de nos ancêtres cet ennui nous permettait de toujours trouver de nouvelles techniques pour survivre face à un ennemi capable de déjouer nos techniques pour le chasser.

Pourtant l’ennui en entreprise est devenu un réel sujet, un sujet encore tabou. Il est bien plus accepté de faire un burn-out que de mourir d’ennui (bore out).

La peur de l’ennui (l’inactivité n’est pas l’ennui)

Rien que l’idée de « ne rien faire » quelques minutes peut nous angoisser. Par réflexe, beaucoup d’entre nous, sortiront leur téléphone portable en attendant le bus. Ce réflexe, nous amène rarement vers une activité voulue, réfléchie et à valeur ajoutée. Succomber à ces tentations, c’est empêcher notre cerveau d’avoir des moments d’introspection et de réflexion, si importants à notre efficacité, notre créativité et la connaissance de soi. 

S’ennuyer c’est se retrouver face à ses pensées, ce qui n’est pas toujours une idée réjouissante pour certains. Pourtant ces moments sont très importants pour apprendre à se connaitre, comprendre ses modes de fonctionnement, s’interroger sur sa gestion émotionnelle, analyser ses dernières décisions…

Ennui et efficacité

L’efficacité peut être source de satisfaction lorsqu’il s’agit de se concentrer pleinement sur une tâche cognitive exigeante. Mais être efficace ne signifie pas se concentrer toujours plus, car nous avons besoin de moments de repos et de moments d’introspection, de rêverie. La concentration profonde est importante pour des tâches analytiques, de calcul par exemple. Mais pour des tâches créatives, la rêverie sera bénéfique. Il s’agit avant tout d’apprendre à trouver son équilibre.

Il ne faut pas confondre les moments de flânerie avec de l’oisiveté. D’un côté on pourrait parler d’apprendre à utiliser les moments de creux comme une source d’introspection alors que de l’autre on se rapproche de la paresse. On parle plutôt d’apprendre, de réapprendre à apprécier ces moments où nous n’avons rien de spécifique à entreprendre : attendre le bus, prendre un moment pour marcher, prendre une pause au calme, contempler la nature.

Contrairement à une tâche monotone et ennuyeuse, ces moments de déconnexion sont choisis. Qui n’a jamais trouvé de bonnes idées pendant une ballade à pied ?

Savoir s’arrêter c’est savoir sortir du tunnel de l’urgence, du pilotage automatique pour relever la tête et prendre de la hauteur.

Déconnexion et culpabilité

Dans une société où l’on privilégiera la politique de l’urgence, où l’on récompensera ces collaborateurs qui font des heures, qui sont tout le temps en mouvement on se retrouve avec des entreprises où il devient difficile de prendre de la hauteur, d’innover, de changer les paradigmes.

Produire de nouvelles idées, prendre du recul, remettre en question les pratiques mises en place n’a rien de mesurable ni de tangible à court terme. Mais cela est indispensable pour innover, progresser.

Les collaborateurs qui essaieront de prendre des moments de déconnexion, pourront ressentir une certaine culpabilité dans une entreprise où la culture est de toujours vouloir rester en mouvement. Il faut pouvoir insuffler dans l’entreprise une réelle politique pour apprendre à tous les collaborateurs les enjeux de telles pratiques.

Apprendre à s’ennuyer : Faire des pauses

Lorsque nous sommes concentrés sur une tâche créative exigeante, nous devons accepter que nous devons faire des pauses. Ces tâches sont particulièrement exigeantes en termes d’attention et d’énergie. Notre cerveau, pour éviter d’être endommagé, va baisser ses performances cognitives. Exactement comme lorsque nos muscles lâchent face à un effort trop intense, c’est un réflexe de survie pour éviter d’endommager les tissus. 

C’est pour cela que pour des tâches très exigeantes il est important de respecter des temps de pause ou d’alterner avec des tâches moins exigeantes. Des études sur la créativité montrent l’intérêt de faire des pauses lorsque nous travaillons sur des tâches créatives.

Une équipe de recherche a demandé à 145 candidats de déterminer le plus grand nombre d’usages possibles avec une brique en 2 minutes. Plusieurs sessions de 2 minutes se sont succédées avec une pause entre chaque session. Le groupe ayant pu flâner ou réaliser une tâche simple (rayer une lettre spécifique d’un texte) pendant les pauses a eu les meilleurs résultats. 

Les chercheurs émettent l’hypothèse que durant ce temps de rêverie le cerveau utilise le traitement associatif inconscient, ces moments où nous faisons des analogies entre les différents thèmes abordés auparavant.

A l’inverse, le groupe à qui on a demandé de faire une tâche exigeante (calcul mental ou suite logico-mathématique) n’a pas eu de meilleurs résultats par rapport au groupe sans pause. Un dernier groupe à qui on a demandé de rester dans la salle sans rien faire a eu des performances inférieures à tous les autres groupes.

Lorsqu’il s’agit de brainstormer ou de prendre une décision importante, savoir rêvasser, prendre le temps d’entrecouper le travail avec des pauses ou des tâches peu exigeantes est la meilleure solution.

Lorsqu’il s’agit de faire un exercice de créativité, on peut dès le départ prévoir de faire l’exercice en y incluant des pauses ou des tâches peu exigeantes, ou de faire plusieurs sessions entrecoupées plutôt que d’essayer de faire l’exercice en une seule session longue. On comprendra que le brainstorming où l’on s’enferme durant 2 heures dans une salle n’est pas réellement productif.

Concernant la prise de décision, dans la mesure du possible, on essaiera de prendre des moments de rêverie et de calme pour prendre du recul, faire des analogies, trouver un éventail le plus large possible de solutions et anticiper les conséquences de chaque solution envisagée. Le proverbe « la nuit porte conseil » est à utiliser sans modération, mais il n’est pas suffisant. Cela permettra également de prendre le recul nécessaire sur ses émotions et d’éviter de prendre une décision « émotionnelle ».

Une autre étude sur la créativité a démontré que si on laisse un groupe chercher des idées créatives au bout d’un moment le nombre d’idées trouvées et la vitesse à laquelle ces nouvelles idées sont trouvées diminue jusqu’au moment où plus aucune idée ne sera trouvée. Il est donc inutile de vouloir se concentrer intensément longtemps sur une problématique qui nous demande de grandes ressources créatives.

On peut faire l’analogie avec notre corps. Lors d’une activité physique intense, notre corps utilise une grande quantité d’énergie pour tenir nos muscles et nos tendons en tension. Pour pouvoir tenir cette tension musculaire il lui faudra des périodes de relâchement.

Le réseau par défaut

Le chercheur en neurologie Marcus Raichle a fait une découverte étonnante à la fin des années 90 en observant que le cerveau consomme de l’énergie même lorsque nous sommes au repos. Dans une publication majeure, en 2001, le chercheur a démontré que lorsque le cerveau n’est pas focalisé sur une tâche spécifique, certaines aires cérébrales s’activent dont notamment les zones impliquées dans la mémorisation. Ces zones du cerveau sont particulièrement actives jusqu’au moment où notre cerveau est de nouveau focalisé sur une tâche précise. Le chercheur parle de “mode par défaut” ou de “réseau par défaut”.

D’autres études depuis sont venues confirmer et agrémenter les conclusions de Marcus Raichle. Le neurologue Bernard Mazoyer démontrera que le travail du cerveau est toujours à 100% de ses capacités que l’on soit consciemment concentré sur une tâche ou non. Pour le professeur, l’activité cognitive consciente consomme seulement 1% de l’énergie utilisée par le cerveau.

Depuis, nous savons à quel point le réseau par défaut joue un rôle indispensable dans la mémorisation, la créativité, la concentration, l’introspection.

On comprend l’importance et l’urgence de ne pas laisser notre cerveau être constamment stimulé mais plutôt d’apprendre à rêvasser pour regénérer nos capacités cognitives, développer notre créativité, réfléchir sur nous-mêmes et prendre du recul.

Réseau par défaut et pensées négatives

Le réseau par défaut est un puissant outil quand il s’agit de déconnecter et de prendre du recul. Par contre la rêverie peut être contre indiquée dans les moments où nous sommes sous le coup d’émotions fortement négatives (colère, tristesse, frustration…) ou pris d’angoisse ou de stress. Il peut être difficile de demander de faire des exercices de respiration ou de méditation à une personne aux angoisses trop présentes, elle n’aura pas la patience d’attendre le temps suffisant pour voir les premiers bienfaits de la méthode.

Dans ce cas, les pensées négatives peuvent rapidement être omniprésentes et se transformer en ruminations. Il est plutôt conseillé d’entreprendre une activité cognitive exigeante ou une activité sociale par exemple.

Dans mon cas, lorsque je suis de bonne humeur, il m’arrive de faire des séances d’entrainement peu exigeantes pour m’aérer le cerveau et rêvasser. Je pars avec quelques sujets en tête, puis mon cerveau fait le reste pendant que je prends le soleil et que je rêvasse en courant doucement, en me promenant. A l’inverse si je suis contrarié, je me dirigerai vers une activité intense, cela me permettra de focaliser mon attention sur l’effort à réaliser plutôt que sur des pensées négatives.

La marche est une très bonne activité pour nous éviter de rester focalisé sur nos pensées négatives. Différentes études sur le sujet ont démontré les bienfaits de la marche sur les émotions négatives ainsi que sur la créativité. La marche, par son mouvement régulier, rythme notre souffle et le déplacement horizontal nous relaxe. On estime que nos ancêtres les Homo Sapiens avant l’arrivée de l’agriculture et la domestication des animaux pouvaient parcourir entre 20 et 50 kilomètres par jour pour chasser et cueillir. Sans compter les longues migrations pour échapper aux climats trop rudes.

La marche est clairement inscrite dans nos gênes. Notre corps (pieds, jambes, hanches…) est optimisé pour marcher sur de longues distances et courir. La marche nous apaise certainement car celle-ci est historiquement corrélée à la récompense de la nourriture.

Ennui ou sentiment d’ennui ?

Le psychologue John Eastwood de l’université de York à Toronto a voulu valider l’hypothèse que la distraction pouvait être source d’ennui. Il a réalisé une méta analyse en examinant une centaine de publications pour proposer sa définition de l’ennui.

Il soutient que l’ennui est l’expérience aversive pour laquelle nous cherchons à nous engager mais pour laquelle nous ne pouvons pas, par manque de concentration. Ce sentiment d’ennui va nous plonger dans une fatigue, une humeur négative et le temps nous semble plus long, ce qui amènera à une certaine souffrance lorsque nous ne pouvons agir directement sur les facteurs externes.

Le psychologue nous explique que nous avons tendance à ne pas nous rendre compte que l’ennui provient de facteurs extérieurs qui nous empêchent de trouver la concentration. Nous ne sommes pas capables de nous rendre compte que notre manque de concentration est déclenché par des stimuli externes et nous attribuons ce manque de concentration à une activité ennuyeuse plutôt qu’à un manque de concentration.

Cette théorie s’applique lorsque des personnes débutent une nouvelle activité, on a tendance à trouver rapidement l’activité ennuyeuse car nous n’avons ni les compétences ni les bons outils pour pouvoir pratiquer l’activité de façon pleinement concentrée. La course à pied fait partie de ces sports très difficiles lorsque l’on débute, car pour pouvoir atteindre une grande concentration il faut déjà pouvoir pousser son corps et sa force mentale dans ses retranchements, ce qui est difficile durant les premiers temps de pratique de l’activité.

Apprenons à vivre avec l’ennui

Vouloir à tout prix supprimer l’ennui n’est pas une stratégie viable à long terme. Nous adoptons des réflexes pour essayer de toujours combler les moments de creux avec des stimuli, smartphones, films, jeux. Mais comme nous l’avons vu plus haut, notre cerveau a besoin de ces moments et nous l’en privons. Le but n’est pas d’essayer de remplir chaque moment d’ennui par un nouveau stimuli mais plutôt de s’interroger sur les causes de cet ennui.

Pourquoi est-ce que je subis cet ennui à cet instant ? Dois-je subir cet ennui ? Ne puis-je pas être actif plutôt que de subir en me divertissant ? Durant une réunion, si je m’ennuis, comment pourrais-je être impliqué plutôt que de subir ? Est-ce utile que le collaborateur participe à cette réunion ?

Plutôt que de fuir l’ennui, il est plus intéressant de se demander quelles sont les sources de cet ennui pour apporter une réponse appropriée.

Face à une abondance de stimuli, notre cerveau a besoin de toujours plus de stimuli pour être satisfait. Cela augmente le seuil de stimulation dont nous avons besoin. En dessous de ce seuil, nous estimons nous ennuyer. Une absence de stimuli et nous nous sentons mal à l’aise.

Les créateurs des applications l’ont bien compris et savent exploiter cette faille pour nous rendre accrocs et revenir toujours plus souvent, plus longtemps sur leurs applications. Malheureusement, ce temps que nous passons sur ces activités peu satisfaisantes nous empêche de le passer sur des activités à plus grande valeur ajoutée et plus gratifiantes. Mais le dilemme n’est pas simple à résoudre, car l’effort nécessaire pour regarder une série télé est beaucoup moins important que de préparer un bon repas à des amis. Cependant, le premier sera moins satisfaisant et gratifiant que le second.

Il nous faut également réapprendre que les temps d’introspection ne sont pas des temps d’ennui. Notre cerveau est constamment sollicité pas des stimuli, il nous faut réapprendre à vivre sans ces stimuli pour prendre le temps de l’introspection, le temps de vivre, le temps de rêvasser. Il n’y a que ce temps d’introspection qui nous permet d’apprendre sur nous-mêmes, d’appréhender nos émotions, et de prendre de la distance.

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